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article publié par le :  Le Matin.ch

Des centaines de milliers d'abeilles disparaissent mystérieusement.

Jean-Daniel Girardier n'arrive toujours pas à expliquer pourquoi ses abeilles ont quitté, juste avant l'hiver, les quinze ruches qu'il possède dans le canton de Neuchâtel. En seize ans d'apiculture, il n'avait jamais vécu cela

Image © Alain Germond

Jean-Daniel Girardier n'arrive toujours pas à expliquer pourquoi ses abeilles ont quitté, juste avant l'hiver, les quinze ruches qu'il possède dans le canton de Neuchâtel. En seize ans d'apiculture, il n'avait jamais vécu cela.


Les ruches d'un apiculteur neuchâtelois ont été subitement désertées par ses occupantes. Un phénomène inexpliqué et de plus en plus fréquent


Elles sont toutes parties. Personne ne sait où. Personne ne sait vraiment pourquoi. Mais au bout de cette fugue, c'est sans doute la mort qui attendait les quelque 375 000 abeilles de Jean-Daniel Girardier.

«En quittant les ruches juste avant l'hiver, leurs chances de survie sont infimes», regrette le Neuchâtelois, qui n'en revient toujours pas de la perte subie en novembre dernier.

«C'est un comportement insensé»
«J'étais comme d'habitude allé contrôler les ruches dans la perspective d'un traitement contre le varroa, un acarien qui parasite les abeilles. C'est là que je me suis rendu compte qu'elles avaient toutes disparu sur les deux sites que j'occupe à Montezillon et à Bôle.» Quatre kilomètres à peine séparent ces lieux.

Dans les quinze ruches désertées, il ne restait que de rares cadavres d'ouvrières, ultimes témoins que des centaines de milliers d'abeilles vivaient là. En seize ans d'apiculture, Jean-Daniel Girardier n'avait jamais vécu cela. Ce d'autant plus que tout était en place pour que les abeilles passent l'hiver au chaud. Les colonies avaient déjà toutes été nourries.

«Durant l'hiver, les colonies comptent environ 25 000 abeilles, jusqu'à 80 000 en été, explique l'apiculteur. D'habitude, des départs naturels se font quand une ruche prospère tellement qu'elle en devient surpeuplée. Mais jamais juste avant les grands froids, c'est un comportement insensé.»

Le plus inquiétant, c'est que Jean-Daniel Girardier sait qu'il n'est pas le seul à être frappé par des désertions aussi subites. Un phénomène mondial que les scientifiques peinent encore à expliquer.

Produits phytosanitaires pointés du doigt
«Dans mon cas, je ne peux pas dire si toutes les ruches se sont vidées en même temps ou sur plusieurs jours. Mais cela s'est fait rapidement. Deux semaines plus tôt, elles étaient encore toutes là», se souvient Jean-Daniel Girardier, avant de préciser que la situation s'est aggravée depuis fin 2007, notamment le caractère soudain des désertions. Certains produits phytosanitaires, utilisés pour traiter les maladies végétales, sont pointés du doigt. Mais rien n'est certain.

Peut-être que l'apiculteur pourra lever un coin du mystère le 10 février prochain en se rendant au Musée d'histoire naturel de Neuchâtel. Jean-Daniel Charrière, spécialiste de la recherche apicole, tiendra conférence sur le sujet dès 19h45.


Julian Pidoux - le 07 février 2010, 00h59
Le Matin Dimanche

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