Ecotoxicologie

Les pesticides ont-ils un impact sur la sante des colonies d'abeilles ?

 

Etude publiée par  Madelaine Chagnon, Ph. D. (science de l'environnement),

professeur associée, UQAM, Montréal et chercheure,

CRSAD, Deschambault

en collaboration avec : Geneviéve Beaunoyer, étudiante graduée à l'UQAM, Montréal

 

 

       Les pesticides ont-ils un impact sur la sante des colonies d'abeilles ?

 

Investigation des cas suspectés d’empoisonnement d’abeilles causé par des pesticides en 2009

Etude publié par le Centre Québécois de l’inspection des aliments et santé animale

du Ministère de l'Agriculture, Pêcheries et Alimentation du Québec


       Investigation des cas suspectés d’empoisonnement d’abeilles causé par
des pesticides en 2009


L'abeille, indicatrice de la qualité de l'environnement


La présence de pesticides dans l’environnement représente un risque pour les organismes vivants. Une des méthodes pour détecter leur présence et leur impact est l’étude d’espèces bioindicatrices et de leurs marqueurs biologiques. Depuis une dizaine d’années, le concept d’abeille bioindicatrice s’impose d’une manière de plus en plus accentuée...

L’abeille est un véritable témoin de la qualité de l’environnement par ses caractéristiques biologiques et son activité intense de butinage qui la met en contact avec les produits phytopharmaceutiques et autres polluants environnementaux. Deux voies de contamination sont possibles : de façon directe par contact ou ingestion des contaminants ou de façon indirecte par du nectar ou du pollen contaminés ramenés à la colonie. Les travaux de biomonitoring environnementaux consistent à détecter les perturbations induites par les pesticides et autres polluants chez l’abeille et d’en déduire des indications sur l’état environnemental. Ces perturbations sont analysées au moyen de biomarqueurs qui correspondent à des changements mesurables à différents niveaux structuraux de l’abeille révélant l’exposition présente ou passée aux produits phytopharmaceutiques.

Biomarqueurs

Les biomarqueurs présentent des perturbations induites par les pesticides d’origine agricole ou domestique mais aussi par d’autres type de polluants environnementaux comme les molécules organiques et minérales provenant de l’activité industrielle et humaine, les métaux lourds ou encore les radionucléides. Différents types de biomarqueurs peuvent être utilisés en écotoxicologie plus ou moins spécifiques du contaminant à tracer. Ils sont généralement choisis grâce à leurs rôles essentiels dans des processus fondamentaux pour les performances, les défenses et la survie de l’organisme bioindicateur. Généralement impliqués dans le métabolisme d’élimination du toxique ou constituant directement leur cible, ils présentent une forte potentialité de modifications après exposition aux polluants.

Chez l’abeille, différents biomarqueurs enzymatiques ont été étudiés. Par exemple, l’acétylcholinestérase qui est la cible principale des organophosphates et carbamates et cible modulée de nombreux autres pesticides et polluants environnementaux ou encore les enzymes du système de détoxification comme les glutathion S-transférase, fortement stimulées après une exposition aux toxiques. C’est précisément le suivi de leur activité dans le temps qui constitue le système de veille environnemental et la modification de leur activité qui crée l’alerte. L’évaluation des effets des pesticides au moyen de biomarqueurs se fait à des niveaux sublétaux chez les abeilles survivantes fournissant des indicateurs précoces de contamination.

Les biomarqueurs représentent des outils de gestion environnementaux permettant le diagnostic précoce des effets induits de façon complémentaire à l’analyse chimique de la présence de pesticides. Ils sont particulièrement utiles lorsque les polluants responsables d’effets délétères se retrouvent à des niveaux inférieurs aux limites de détection analytiques ou qu’ils ont disparu. En effet, certains biomarqueurs peuvent conserver une perturbation pendant plusieurs jours après avoir été exposé avant de revenir à leur niveau initial. Le biomonitoring nécessite une connaissance approfondie des biomarqueurs présents chez l’abeille afin de différencier les perturbations induites par les toxiques, des perturbations biologiques naturelles.

Le biomonitoring chez l’abeille est une approche très prometteuse présentant un double intérêt : une meilleure gestion des risques présentés par les toxiques et une meilleure préservation d’un insecte pollinisateur de première importance.

Source : Phytosanitairement vôtre n°32

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Pôle de protection des plantes
7 chemin de l’IRAT
97410 Saint-Pierre

Enquête épidémiologique Charentes

Titre de la recherche

Les affaiblissement de colonnies en zone de cultures industrielles. Etudes du cas du cheptel apicole en Poitou Charentes. 

Responsable scientifique du projet:

 Cécile Fléché

Date du début de projet: Mars 1998

 

Durée en mois: 40 mois

1. Résumé de l’étude

 Mise en place d’une enquête épidémiologique étiologique et prospective en zone de culture intensive, portant sur deux populations de ruchers (avec« affaiblissement »/sans « affaiblissement ») et visant à définir les causes et/ou les facteurs de risque de l’apparition affaiblissements des cheptels apiaires, qui sévissent de plus en plus fréquemment dans ces zones.                                                 

 

L'abeille, bio-indicateur écotoxicologique

L’ABEILLE DOMESTIQUE COMME BIO-INDICATEUR ÉCOTOXICOLOGIQUE DE POLLUANTS :

(LE CAS DE L’INSECTICIDE IMIDACLOPRIDE)

Par

Stéphane Laramée

Essai présenté au Centre Universitaire de Formation en Environnement

en vue de l’obtention du grade de maître en environnement (M.Env.)

CENTRE UNIVERSITAIRE DE FORMATION EN ENVIRONNEMENT

UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE

Sherbrooke, Québec, Canada, mai 2007

 SOMMAIRE

Les bio-indicateurs sont souvent utilisés pour mesurer l’impact des activités humaines sur la nature. L’abeille domestique est un très bon bio-indicateur de polluants environnementaux car elle est quotidiennement en contact avec plusieurs éléments abiotiques des écosystèmes, tel que l’eau, l’air et les végétaux. Elle permet notamment de mesurer certains polluants atmosphériques (métaux lourds, HAP, etc), radioactifs et phytosanitaires.

 

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