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Nouvelles apicoles

Le nombre de colonies d'abeilles en fort recul en Europe

De THE ASSOCIATED PRESS (CP) – Il y a 22 heures

BERNE — Le nombre de colonies d'abeilles ne cesse de reculer depuis 40 ans en Europe centrale et les apiculteurs sont également moins nombreux, selon une récente étude de l'Association internationale de recherche sur l'abeille (IBRA) qui note que la pollinisation, dont dépend un grand nombre de plantes cultivées, risque de ne plus être assurée.

Cette étude de l'ONG britannique fournit un premier aperçu de la situation à l'échelle européenne.

Les chercheurs ont constaté que le nombre de colonies d'abeilles est en recul constant depuis 1965 en Europe centrale et en Europe de l'Ouest. Cette tendance a aussi été observée en République tchèque, en Norvège, en Slovaquie et en Suède depuis 1985. En revanche, dans quelques pays méditerranéens comme la Grèce, l'Italie et le Portugal, le nombre de colonies a augmenté entre 1965 et 2005.

Sans identifier de coupable unique, les scientifiques supposent que la cause de ce recul se trouve dans les changements sociaux et économiques survenus ces dernières décennies. Des revenus plus élevés ont fait perdre aux populations rurales l'attrait envers l'apiculture pratiquée comme hobby.

Par ailleurs, les coûts pour lutter contre les maladies des abeilles comme l'acarien Varroa peuvent rapidement engloutir le revenu apicole d'une année entière. Il devient donc peu intéressant économiquement de détenir des abeilles à petite échelle. Le nombre d'apiculteurs a en effet chuté dans toute l'Europe.

Cette étude apporte certes une pièce de plus au puzzle, mais elle ne résout pas l'énigme du recul du nombre d'abeilles. Le rôle des insecticides et herbicides doit également être étudié. Lors d'une prochaine étape, il s'agira d'harmoniser les méthodes de recensement des colonies d'abeilles de tous les pays. Il sera ensuite possible de comprendre le recul du nombre de colonies et de prendre des mesures adéquates à long terme.

La disparition des colonies d'abeilles concerne apparemment avant tout l'Europe et les Etats-Unis. A l'échelle mondiale, le nombre de colonies a augmenté de 45% au cours des 50 dernières années, selon un rapport de l'Organisation mondiale pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) de 2009. Ce constat n'est malheureusement guère utile pour les cheptels d'Europe et des Etats-Unis, car si le miel peut être importé, le rôle des abeilles, autrement dit la pollinisation, ne le peut pas.

article publié par le :  Le Matin.ch

Des centaines de milliers d'abeilles disparaissent mystérieusement.

Jean-Daniel Girardier n'arrive toujours pas à expliquer pourquoi ses abeilles ont quitté, juste avant l'hiver, les quinze ruches qu'il possède dans le canton de Neuchâtel. En seize ans d'apiculture, il n'avait jamais vécu cela

Image © Alain Germond

Jean-Daniel Girardier n'arrive toujours pas à expliquer pourquoi ses abeilles ont quitté, juste avant l'hiver, les quinze ruches qu'il possède dans le canton de Neuchâtel. En seize ans d'apiculture, il n'avait jamais vécu cela.


Les ruches d'un apiculteur neuchâtelois ont été subitement désertées par ses occupantes. Un phénomène inexpliqué et de plus en plus fréquent


Elles sont toutes parties. Personne ne sait où. Personne ne sait vraiment pourquoi. Mais au bout de cette fugue, c'est sans doute la mort qui attendait les quelque 375 000 abeilles de Jean-Daniel Girardier.

«En quittant les ruches juste avant l'hiver, leurs chances de survie sont infimes», regrette le Neuchâtelois, qui n'en revient toujours pas de la perte subie en novembre dernier.

«C'est un comportement insensé»
«J'étais comme d'habitude allé contrôler les ruches dans la perspective d'un traitement contre le varroa, un acarien qui parasite les abeilles. C'est là que je me suis rendu compte qu'elles avaient toutes disparu sur les deux sites que j'occupe à Montezillon et à Bôle.» Quatre kilomètres à peine séparent ces lieux.

Dans les quinze ruches désertées, il ne restait que de rares cadavres d'ouvrières, ultimes témoins que des centaines de milliers d'abeilles vivaient là. En seize ans d'apiculture, Jean-Daniel Girardier n'avait jamais vécu cela. Ce d'autant plus que tout était en place pour que les abeilles passent l'hiver au chaud. Les colonies avaient déjà toutes été nourries.

«Durant l'hiver, les colonies comptent environ 25 000 abeilles, jusqu'à 80 000 en été, explique l'apiculteur. D'habitude, des départs naturels se font quand une ruche prospère tellement qu'elle en devient surpeuplée. Mais jamais juste avant les grands froids, c'est un comportement insensé.»

Le plus inquiétant, c'est que Jean-Daniel Girardier sait qu'il n'est pas le seul à être frappé par des désertions aussi subites. Un phénomène mondial que les scientifiques peinent encore à expliquer.

Produits phytosanitaires pointés du doigt
«Dans mon cas, je ne peux pas dire si toutes les ruches se sont vidées en même temps ou sur plusieurs jours. Mais cela s'est fait rapidement. Deux semaines plus tôt, elles étaient encore toutes là», se souvient Jean-Daniel Girardier, avant de préciser que la situation s'est aggravée depuis fin 2007, notamment le caractère soudain des désertions. Certains produits phytosanitaires, utilisés pour traiter les maladies végétales, sont pointés du doigt. Mais rien n'est certain.

Peut-être que l'apiculteur pourra lever un coin du mystère le 10 février prochain en se rendant au Musée d'histoire naturel de Neuchâtel. Jean-Daniel Charrière, spécialiste de la recherche apicole, tiendra conférence sur le sujet dès 19h45.


Julian Pidoux - le 07 février 2010, 00h59
Le Matin Dimanche

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