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Nouvelles apicoles

Article du site  http://www.clicanoo.com


Pour l’Etat, “la mouche bleue n’est pas une menace”

CLICANOO.COM | Publié le 30 janvier 2010


Répondant aux députés Huguette Bello et Patrick Lebreton, le ministre de l’agriculture n’a pas pris d’engagement quant à une éventuelle indemnisation de la filière apicole. Tout en estimant d’ores et déjà que “la mouche bleue n’est pas une menace”, il annonce la poursuite des études et une mission de l’AFSSA. “Nous étudierons le soutien qui peut être apporté à la filière apicole de l’île de La Réunion”, a simplement évoqué Bruno Le Maire en réponse aux deux députés réunionnais qui l’avaient interpellé lors de la séance des questions orales sans débat, mercredi à l’Assemblée (notre édition du 29 janvier). Même s’il annonce la poursuite des études, pour répondre aux “craintes suscitées”, le ministre estime que les études menées jusqu’à présent démontrent que la mouche bleue “ne constitue pas une menace pour l’agriculture et l’environnement”. Pour l’Etat, le succès de la lutte biologique est avéré : “Les larves s’attaquent spécifiquement aux racines de la vigne marronne et sont donc d’une grande efficacité. Cet avis est, je crois, partagé pour tous, y compris par les apiculteurs. En moins de deux ans, les deux tiers des pieds ont été détruits et, aujourd’hui, on observe peu de tenthrèdes adultes”.

Après le letchi, les baies roses

Le ministre annonce cependant avoir demandé au préfet et au Cirad de “mener une série d’expérimentations en plein champ et sous serre”. Objectif : comparer et quantifier “de manière encore plus précise” la fréquentation des fleurs de litchis et de baies roses par la tenthrède et les abeilles. Renseignements pris auprès du Cirad, il s’agit de la poursuite des études menées l’année dernière (nos éditions précédentes). Après les letchis, c’est cette fois sur les baies roses que vont se pencher les scientifiques. Les essais devraient démarrer mi-février dans le Sud ou dans l’Est, voire les deux simultanément. Bruno Le Maire annonce par ailleurs “qu’une nouvelle mission d’expertise sanitaire et de soutien à la filière apicole de la Réunion” sera rapidement organisée en faisant appel aux spécialistes de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (l’AFSSA) et de l’institut scientifique et technique de l’abeille “que nous sommes en train de créer”. Le ministre a par ailleurs annoncé avoir demandé que l’un des groupes des états généraux du sanitaire lancés le 19 janvier soit spécifiquement consacré au domaine phytosanitaire et à la lutte biologique contre les insectes. Après les conclusions du Cirad en novembre dernier, pour qui “les préjudices reprochés n’existent pas”, l’espoir d’une éventuelle indemnisation semble se faire de plus en plus mince. Les apiculteurs se tournent désormais vers la venue d’un expert “neutre” en février

P. Madubost

- Le tribunal nomme un expert Pour Jean-François Acquier, président de l’ADA (Association pour le développement de l’apiculture à la Réunion), la filière “n’attend plus rien du Cirad qui ne reconnaîtra de toute façon jamais ses erreurs”. Ce dernier fonde désormais ses espoirs sur la venue d’un expert nommé par le tribunal administratif, attendu dans l’île le 16 février. “Nous attendons une expertise neutre pour qu’enfin soit reconnu notre statut de victime, ce qui n’a jamais été le cas jusqu’à présent. Nous serons vigilants”. Pour les apiculteurs, la priorité va à la reconnaissance “d’une perte importante de ressource mellifère pour les colonies qu’est le raisin marron. Nous sommes désormais obligés de nourrir les essaims 6 à 8 mois de l’année”. La filière demande une compensation des pertes subies et un “soutien financier durable”. L’ADA a par ailleurs écrit au président de la République, en lui précisant tenir à sa disposition “des documents, films et photos pour que l’Etat est une autre source d’information que le seul Cirad”

Tout comme le thon rouge, les abeilles font souvent la une de l'actualité depuis plusieurs années. Il faut dire que ces sympathiques insectes font partie des espèces sèrieusement menacées un peu partout sur la planète. Un véritable problème étant donné leur rôle dans la pollenisation des plantes. Si elles venaient à disparaître, ce sont des milliers d'espèces végétales qui pourraient être rayées de la carte, ce qui aurait des conséquences catastrophiques sur la biodiversité, végétale ou animale, et l'avenir même de l'humanité.


Il faut savoir que plus de 35% de nos ressources alimentaires proviennent des insectes pollinisateurs, au premier rang desquels on retrouve les abeilles. Le fait qu'elles produisent du miel n'est finalement qu'anecdotique, hormis pour les apiculteurs et les nombreux amateurs de douceurs sucrées. Autant dire qu'il est désormais urgent d'intervenir pour sauver ces précieux auxiliaires de la nature, mais que cette tâche ne s'annonce pas aisée.

Victimes tout à la fois de parasites, de microchampignons, de pesticides et de l'agriculture intensive qui réduit le nombre de plantes dont elles peuvent tirer leur nourriture, les abeilles sont en sursis. Conscient du problème, le gouvernement vient de lancer un projet expérimental pour tenter d'améliorer la situation. Dominique Bussereau et Chantal Jouanno, respectivement secrétaires d'Etat chargé des transports et de l'écologie, ont annoncé la mise en place, au printemps 2010, d'une action de fleurissement des accotements routiers afin d'offrir aux abeilles de nouvelles ressources florales.

Sur 250 kilomètres d'accotements routiers, des espèces mellifères, c'est à dire produisant du nectar ou du pollen, voire les deux, vont être plantées. Cette expérience devrait durer trois ans, une période au cours de laquelle les scientifiques devront effectuer des observations précises afin de voir si cela a un effet bénéfique sur les populations d'abeilles. Si le succès est au rendez-vous, ce sont ensuite près de 12 000 kilomètres de routes qui pourraient être concernés par ce projet.



Il faut savoir que des chercheurs d'un laboratoire de l'Inra, l'Institut national de recherches agronomiques, d'Avignon ont mené des études démontrant que plus les abeilles se nourrissent de plantes différentes, plus elles possèdent un système immunitaire efficace.


Diversifier les sources d'approvisionnement des insectes semble donc être une bonne idée et cette expérience méritera d'être suivie avec intérêt.

Le problème, c'est que cela ne sera certainement pas suffisant. L'UNAf, l'Union nationale de l'apiculture française, même si elle se réjouit de cette initiative, demande ainsi une véritable réorientation de l'agriculture pour redévelopper des cultures mellifères sur l'ensemble du territoire. Cela semble en effet indispensable pour que cette action soit véritablement efficace. De plus, comme dans le même temps le gouvernement a de nouveau autorisé l'utilisation de l'insecticide Cruiser, largement impliqué dans la mortalité des abeilles, on peut légitimement se demander si ce projet n'est pas un simple coup médiatique ponctuel plutôt qu'une véritable prise de conscience, ce qui ne serait pas une première en la matière.





Vincent, pour la Rédaction.


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